Un Homme hors du Commun

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Message  xav1er le Mer 15 Avr - 13:32

Theodore MONOD

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http://membres.multimania.fr/santiana/monod.html

De son propre aveu, Théodore Monod a nourri une passion particulière pour la botanique.
Une tendresse, pourrait-on dire, tant sont touchantes les plantes qui s’adaptent aux conditions climatiques les plus extrêmes.
À l’âge de quatorze ans, le jeune scientifique s’était déjà livré à une description de la flore du midi de la France.
Quelques années plus tard, ce sont les plantes des régions désertiques qui suscitent sa curiosité.
Voyez plutôt : en 1934-1935, alors qu’il rallie Tombouctou « après un parcours de plus de cinq mille kilomètres », Théodore Monod « constitue un herbier de plus de neuf cents numéros¹ ».
Des oasis de l’Adrar au Yémen, de l’Iran au Hoggar, le scientifique ne s’est jamais déplacé sans la presse portée en bandoulière qu’il nommait « tape-cul système Monod », ou « tape-Monod système c… », appareil portatif formé de deux planches, reliées par des sangles, dans lequel étaient conservés ses précieux échantillons.
Le naturaliste porta un intérêt comparable aux animaux qui peuplent le désert. Il s’est intéressé, par exemple, à la biologie de l’addax, antilope des sables capable de passer son existence sans rencontrer un arbre ou boire une goutte d’eau.
En défenseur de la nature, Théodore Monod regrettait que les chasseurs munis de carabines et de puissants 4x4 aient mis en péril une espèce animale aussi prodigieusement adaptée au milieu désertique.
D’autres mammifères, les oiseaux (dont l’autruche, qui était autrefois répandue dans tout le Sahara), les reptiles, les amphibiens, les mollusques, les arthropodes ont également fait l’objet d’observations et de communications scientifiques.
Une typologie des terrains d’élection de Théodore Monod serait incomplète si l’on ne faisait référence à ses compétences de géologue et aux énigmes qu’il a tenté de résoudre.
L’auteur de Méharées, à qui l’on doit plus de cent trente publications scientifiques en géologie, minéralogie et géographie physique, s’est attaché à décrire de nombreuses formations géologiques, en particulier « le majestueux empilement de couches de l’Adrar mauritanien » ou « la série pourprée de l’Ahnet […], ensemble de couches rouges, épaisses de plusieurs centaines ou milliers de mètres, plissées et tranchées au sommet par la surface du Tassili ».
Ces recherches n’auraient sans doute jamais connu la faveur du grand public si Théodore Monod n’avait relaté, dans un petit opuscule intitulé Le Fer de Dieu, la fameuse histoire de la météorite de Chinguetti.
L’histoire débute en 1916 lorsque l’officier Gaston Ripert, en poste dans l’Adrar mauritanien, remet à un géologue un fragment de météorite censé provenir d’une météorite géante située quelque part, en plein désert, au sud-ouest de Chinguetti.
L’affaire secoue les astronomes du monde entier. Imaginez plutôt : une « butte » de 40 m de haut et 100 de large, tombée du ciel, alors que la plus grosse météorite jamais identifiée ne dépasse pas 2 m de long ! « Une météorite grosse comme vingt maisons, plantée dans le désert, cela doit se voir.
Et pourtant… la pierre de Chinguetti, décrite voici trois quarts de siècle par un militaire administrateur et naturaliste, a disparu », écrit Hubert Curien dans la préface de l’ouvrage de Théodore Monod. Dès 1920, les conjectures vont bon train. L’échantillon rocheux trouvé par Ripert est analysé, attestant son origine extraterrestre.
Quatre ans plus tard, des recherches commencent.
Géographes, géologues, officiers séjournant en Mauritanie ou chercheurs d’or à la retraite se ruent dans les dunes de l’Adrar pour tenter de retrouver le géant de métal.
En vain ! À partir de 1934, Théodore Monod reprend l’enquête à son compte.
Il parcourt sables et regs caillouteux, interroge la population, rencontre les forgerons pour tenter d’obtenir un indice. Il en revient bredouille, mais ne désarme pas.
Un demi-siècle plus tard, en 1980, un aviateur qui connaît très bien la Mauritanie « décrit un accident circulaire dans les dunes ».
Il n’en faut pas plus pour décider l’octogénaire à reprendre la route.
Deux expéditions, menées en 1987 puis en janvier 1988, auront le mérite de clarifier la situation : Théodore Monod découvre d’abord que l’« accident circulaire » observé en avion est sans rapport avec la météorite (« C’étaient des buttes isolées les unes des autres, découpées dans une même couche lacustre provenant d’un lac existant au Quaternaire », dira-t-il à Isabelle Jarry).
Il tombe enfin sur la « butte » de 40 m de haut décrite par Gaston Ripert.
Du métal ?
Non, l’officier français avait commis une méprise considérable : il s’agissait simplement d’une petite montagne en grès et en quartzite. « Pas un gramme de métal dans tout cela. »
L’épilogue de l’aventure scientifique relatée dans Le Fer de Dieu révèle mieux que de longues explications la nature profonde de Théodore Monod : celle d’un homme pour qui la poésie et la foi prolongent la démarche heuristique.
À travers ces lignes d’une indéniable qualité littéraire, le savant laisse entendre combien il est nécessaire de préserver la part de rêve qui sommeille en nous.
Au terme d’une vie tout entière vouée à la soif de connaître, il reste humblement ému devant les grandes énigmes de l’Univers : « La nuit est maintenant descendue sur le désert, et la fleur rouge d’un feu s’est allumée au pied de notre montagne de blocs et d’éboulis. Le temps a fraîchi, le vent s’est levé.
Par une longue coulée de sable plaquée contre le relief, je vais, en quelques enjambées, être de retour dans la plaine où la conversation de mes compagnons viendra évoquer, j’en suis certain, d’autres mystères, d’autres problèmes, d’autres projets de recherche inlassablement ouverts au besoin de l’homme de découvrir et de comprendre². »
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