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Message  xav1er le Mar 28 Avr - 20:29


Les écologistes de Maghet (Tamgak)


Contes et Legendes Troupe10
Maghet est une très belle vallée, située au flanc du mont Tamgak ; elle est entourée de hautes collines, qui la délimitent comme un jardin naturel.
Autrefois, la flore y était variée et les essences d'arbres très nombreuses ; l'harmonie régnait dans cette vallée enchantée : le mouflon cohabitait avec les animaux domestiques, les hyènes étaient inoffensives, et les chacals ne commettaient jamais de dégâts.

Les habitants de cette région avaient conscience de leur chance : ils n'avaient pas besoin de conduire leurs animaux aux pâturage, qui était toujours très abondant ; les bêtes partainet librement, et revenaient seules au campement le soir.

A Maghet, les gens n'abattaient pas les arbres, car ils étaient protégés par des veilleurs invisibles ; les étrangers qui passaient par là étaient obligés de se conformer aux lois de la vallée, sous peine de châtiment.

Un matin d'hiver, une famille d'étrangers arriva à Maghet, et les éleveurs voulurent couper quelques branches pour leurs animaux.

Les habitants tentèrent alors de les convaincre de ne pas le faire, mais les nouveaux venus firent la sourde oreille et se mirent à la tâche.

Ce jour-là, le bûcheron se donna un violent coup de hache sur le pied et une femme, qui secouait les branches en les cassant, reçut une épine dans l'oeil. Quant à leur bêtes, elles furent dérangées par des abeilles et toutes s'enfuirent vers d'autres cieux.

Un autre soir, un peloton du groupement nomade de l'armée arriva et trouva l'endroit propice pour y passer la nuit, car les épineux étaient chargés de fruits.
L'officier français ordonna à une partie des soldats d'installer le camp ; les autres amenèrent les chameaux et coupèrent les branches.

Personne n'avait osé prévenir ces gens-là du danger qu'ils couraient, car on ne les aimait pas beaucoup d'une part, et ensuite parce qu'on savait bien qu'ils n'auraient jamais pris la menace au sérieux.

Soudain, des coups de cravache se firent entendre et les chameaux, rendus fous par la douleur de ces fouets invisibles, s'enfuirent dans une pagaille indescriptible.

Les soldats eurent le plus grand mal à rassembler les bêtes, victimes d'une terrible panique, et ils décidèrent de lever le camp aussitôt.

Les anciens disent que jadis, Maghet fut habitée par des Saints ; selon la croyance populaire, leur mémoire protège toujours cet endroit enchanté, où l'abattage des arbres reste impossible, protégés qu'ils sont par des gardiens invisibles.


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Ces textes sont extraits de : "Contes et légendes touaregs du Niger", aux éditions Karthala (avec nos remerciements à l'éditeur pour son autorisation).
www.karthala.com
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Message  xav1er le Mar 28 Avr - 20:43

TIN HINAN
La Reine des touaregs

Contes et Legendes Tin_hi10
Tin-Hinan, illustratios de Farid Benyaa


Tin-Hinan, cette femme énigmatique, dont l’existence nous a été révélée par la tradition orale et dont le nom voudrait dire «celle qui vient de loin» ou «celle qui se déplace», aurait été la mère fondatrice du peuple touareg.
A travers les récits et les chants véhiculés par ses descendants, les hommes du désert, on peut retrouver son image : «Une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité».
Lorsqu’elle est arrivée dans le Hoggar, « «elle venait de loin», indique son nom.
Les chercheurs ont localisé cette origine chez les Bérâbers (Berbères) du Tafilalet, une contrée présaharienne du sud marocain qui devait être plus verdoyante qu’aujourd’hui.
Pourquoi quitta-t-elle ces lieux ? Personne ne peut le dire.
Alors rêvons un peu et regardons la situation de la région au cours de ces années lointaines.
Au IVe siècle, le nord de l’Afrique, et en particulier la Numidie, est dominé par la puissance romaine qui a adopté la religion chrétienne à laquelle s’est converti l’empereur Constantin.
Cette Numidie, dont le nom pourrait venir de nomade, est alors le théâtre de révoltes contre le pouvoir romain.
Diverses tribus circulent entre la côte méditerranéenne et les régions plus au sud, colportant non seulement des produits divers mais aussi des informations.
Quelques membres de la tribu marocaine des Bérâbers, avec Tin-Hinan, ont-ils quitté la région pour des raisons de conviction ou de politique ? Première hypothèse.
Autre hypothèse : un conflit personnel au sein de la famille ou de la tribu qui aurait incité Tin-Hinan à fuir loin de son milieu d’origine. Une femme intelligente, une femme d’autorité qui prend la décision de partir... pourquoi pas ?

D’après la légende, Tin-Hinan aurait eu trois filles :
Tinert, l’antilope, ancêtre des Inemba ;
Tahenkot, la gazelle, ancêtre des Kel Rela ;
Tamérouelt, la hase, ancêtre des Iboglân.
De son côté Takama, la servante, aurait eu deux filles qui reçurent en cadeau de Tin-Hinan les palmeraies de la région que possèdent toujours leurs descendants.
Les voilà donc installés dans l’oasis d’Abalessa.
Les tentes blanches se dressent dans ce paysage dominé par le haut massif de l’Atakor.
La beauté des paysages, le silence de la nuit, le vent dans les montagnes n’a pu qu’inspirer ces nouveaux venus dans la région. Le tobol (tambour) et l’amzad (violon monocorde) étaient-ils déjà présents à l’époque de Tin-Hinan ?
On peut imaginer que cette femme de caractère avait aussi le goût de la musique et de la poésie, tout comme ses descendants et, qu’autour du feu, les habitants du campement montraient leurs dons en ces matières.


Source El Watan
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